mercredi 6 juin 2012

Le Cercle Lecture en voyage


Notre lecture devait nous dévoiler un pays dont nous n'avions jamais foulé le sol. Pour notre plus grand plaisir, quand les uns présentaient leur découverte, les autres rebondissaient sur le sujet pour partager leurs vécus, et notre soirée s'est prolongée plus tard que de coutume...

Pays nordiques
Finlande
Sang chaud et nerf d'acier, de Arto Paasilinna
Gallimard, Collection Folio - 2011
 Linnea Lindeman, poissonnière et accoucheuse, chamane à ses heures perdues, prédit longue vie au bambin qui vient de naître.  Le livre retrace la vie d'un homme et de ceux qui l'entourent depuis l'indépendance de la Finlande jusqu'aux années 90. Les épisodes s'enchaînent un peu mécaniquement, avec une sorte de fatalisme désarmant, tandis que le monde sombre dans la crise, puis dans la guerre. Le récit brasse ainsi la petite histoire de la vie et les grands moments de l'histoire de la Finlande.
L'auteur né en 1942, est successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète. Il signe une quarantaine de romans, dont "Petits suicides entre amis", roman culte, paru en 2003.
Le livre se lit de bout en bout et la lecture est très agréable, mais que de dureté dans cette vie - MCH
Les choses ont bien changé, la nouvelle génération de Finlandais fait preuve d'une très grande ouverture d'esprit.
 On ne retrouve pas vraiment ici l'humour et la fantaisie qui caractérisent l'auteur - CP

Islande
Rosa Candida, de Audur Ava Olaffsdotir  
Editions Points - 2012 
Une étreinte furtive avec Anna, un bout de nuit, et Arnljotur s'est retrouvé père d'une petite fille. A vingt-deux ans, il abandonne sa famille et quitte sa terre d'Islande, avec dans ses bagages, quelques boutures de Rosa candida, une rose à huit pétales qu'il cultivait avec sa mère. Il part redonner vie à une roseraie à l'abandon dans un monastère gardé par un moine cinéphile. Un jour, Anna réapparaît pour lui confier sa fille, Flora Sol. Et si l'amour pouvait naître?
Un peu à la manière du conte, le lieu n'est jamais mentionné, comme si cela importait peu...  Le livre se lit très facilement et rappelle "Les cendres d'Angela : une enfance irlandaise". La traduction me paraît parfois hasardeuse - VD

Estonie
Purge, de Sofi Oksanen
Editions Le livre de Poche - 2012
1992, fin de l’été en Estonie. L'Union soviétique s'effondre et la population fête le départ des Russes, sauf la vieille Aliide, qui redoute les pillages et vit terrée dans sa ferme. Lorsqu’elle trouve dans son jardin Zara, une jeune femme que des mafieux russes ont obligée à se prostituer à Berlin, meurtrie, en fuite, elle hésite à l’accueillir. Pourtant, une amitié finit par naître entre Zara et elle. Aliide aussi a connu la violence et l’humiliation… A travers ces destins croisés pleins de bruit et de fureur, c’est cinquante ans d’histoire de l’Estonie que fait défiler Sofi Oksanen.
Un livre âpre et dur qui met en parallèle la violence sur les femmes et sur les peuples.  Au début, j'ai été saisi par les descriptions de la peur profonde et du désespoir, mais finalement, pour moi, l'inhumanité, les horreurs, même très bien écrits, restent des horreurs - HL

Pays d'Asie

Japon
Histoire de ma mère, de Yasushi Inoué
Editions Stock -2004
Histoire de ma mère est le récit minutieux et poignant des dernières années d'une femme qui sombre dans la sénilité, sous le regard impuissant et consterné de sa famille. Une vie se défait doucement au fil de quelques années. D'abord les souvenirs s'enfuient, la mémoire récente s'efface, puis l'infantilisme vient, la perception du monde extérieur disparaît. C'est une histoire éternelle, vieille comme le monde, et plus actuelle que jamais dans notre univers étroit qui ne sait plus donner une place à ses anciens. Composé de trois textes poétiquement intitulés " Sous les fleurs ", " Clair de lune " et " Visage de neige ", voici sans doute, dans sa brièveté et sa retenue, le livre le plus déchirant de Yasushi Inoué
Ecrit avec retenue, tact et délicatesse. Des relations familiales très feutrées sur la toile de fond des saisons. Une merveille - BF

Japon
Le fusil de chasse, de Yasushi Inoué
Editions Stock -2000
Voilà le genre de roman dont les japonais ont le secret : court, simple, poètique, mais inoubliable. En trois très belles lettres de femmes, toute la vie d'un homme se déroule devant nous avec ses non-dits, ses trahisons, ses passions partagées ou non : un très beau texte sur les relations humaines homme-femme et sur la culture japonaise.
Un texte très littéraire, dans le ton du XVIIIe siècle. Rigoureux dans la forme, mais en réalité ça bouillonne... - BF

Japon
Eloge de l'ombre, de Junichirô Tanizaki
Editions Verdier - 2011

Ce texte étonnant commence là où on ne l'attend pas (il passe plusieurs pages sur les lieux d'aisance), mais à travers l'évocation des pièces de la maison, opposant l'orient et l'occident, il révèle un aspect méconnu de l'esthétique japonaise : l'attrait pour l'ombre.  Ce livre permet non seulement de mieux comprendre l'art japonais, et particulièrement son architecture - un art basé sur le jeu subtil et délicat de l'ombre et de la lumière - mais permet aussi de s'en inspirer pour en revenir à une appréciation plus juste de nos éclairages, à retrouver la beauté dans ce qui n'est pas brutalement exposé, comme c'est trop souvent le cas dans notre société. 
J'ai découvert ce livre lors d'une Lecture publique à Houdan, dans une atmosphère tout à fait appropriée, et c'était un enchantement. Je l'ai relu avec le même plaisir. Je vais résolument m'intéresser à l'art japonais et visiter des musées et lirai volontiers d'autres ouvrages du même auteur - CP

Pays d'Afrique

Afrique du Sud
Conversations avec moi-même, de Nelson Mandela
Editions La Martinire - 2010

Il s'agit d'un recueil de fragments de journal, de conversations, de discours qu'il a pu faire. On y découvre l'homme (et non son parcours de militant).
L'auteur est quelqu'un qui réfléchit énormément, qui lit beaucoup, analyse, pèse les idées. Rien de ce qu'il peut dire n'est spontané, tout est pensé. Il est très méticuleux et s'intéresse au plus petit détail. Son humanité force le respect. Certaines de ses déclarations sont contradictoires, et c'est à mon sens voulu : cela prouve seulement qu'il est un homme, et donc faillible. Il se retourne aussi parfois sur son passé et a des regrets, notamment vis-à-vis de sa vie de famille - VB

Burkina Faso


   

Cocorico poulet Piga et Moi, j'attendais le pluie, de Véronique Vernette

Editions points de suspension

Pays d'Amérique latine
Brésil 
Capitaine de la mer océane, de José Sarney
Editions Hachette Littérature - 2001
Dans ce roman, qui mêle légende et réalité, José Sarney évoque avec talent l'atmosphère du nord-est du Brésil : les pêcheurs du Maranhào, gens rudes et simples, entourent le héros Cristôrio, capitaine de la mer océane. Dès l'âge de six ans, celui-ci a connu, face à la tempête, le monde des vaisseaux fantômes qui hantent les ténèbres, les ombres et les mystères de la mer, son ami Querente, un revenant surgi de l'eau, en compagnie duquel il va affronter tous les dangers. À bord de Chita Verde, son canot, Cristôrio passe sa vie sur l'immensité des espaces marins, eaux de Dieu et du diable... Tout se déroule dans une atmosphère de fantasmagorie lyrique qui donne au livre sa force narrative et poétique.
C'est la personnalité de l'auteur, un temps président de la République du Brésil, qui m'a attiré vers ce livre. Beaucoup de nonchalence et de sensualité dans cette langue - une  invitation à découvrir ce pays - SW

Entre Equateur et Patagonie
La lampe d'Aladino et autres histoires pour vaincre l'oubli, de Luis Sepulveda
Editions Métailié - 2009

Douze histoires pour vaincre l'oubli, pour traverser les siècles et les continents : des confins de la Patagonie aux rues brumeuses d'Hambourg, Luis Sepulveda convoque poètes et loups de mer, personnages légendaires et exilés de tous horizons. De sa voix unique, pleine d'humour et de poésie, il puise dans les mythes et les vestiges du passé pour perpétuer la mémoire du monde. Les titres des histoires donnent le ton : "L'histoire d'une mouette et du chat qui lui a appris à voler", "Journal d'un tueur sentimental, "Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre",... 
 Des contes drôlatiques qui rappellent "Cent ans de solitude" de Gabriel Garcia Marquez, d'une grande poésie. On est bien loin de note rationalisme, ici la nature commande - NM

Amérique du Nord
Canada
Crow Lake (titre français : Le choix des Morrison), de Mary Lawson
Editions Chatto & Windus - 2002

Crow Lake, au nord de l'Ontario. Une terre magnifique et rude, aux confins de la civilisation, encore marquée par la figure des trois pionniers qui la défrichèrent. Autour de l'église, de l'école et de l'unique magasin vit une petite communauté de fermiers régie par une austérité toute presbytérienne, qui n'a d'égale que la solidarité s'exerçant en cas de coup dur. Chez les Morrison, les enfants étudient, jouent et se disputent, innocents. Ainsi vécurent Kate, sept ans, ses grands frères, Luke et Matt, et sa petite soeur, Bo, jusqu'à ce qu'un beau dimanche de juillet un accident de voiture coûte la vie à leurs patents. Si Luke, l'aîné rebelle, renonce alors à entrer à l'École normale pour s'occuper tant bien que mal de ses cadets, Matt, à l'intelligence exceptionnelle, devient porteur de tous les espoirs d'une famille destinée à s'élever par l'instruction... Matt, un héros idolâtré par la fillette, mais un adolescent fragilisé par la tragédie... Une fois adulte, Kate enseigne la biologie à l'université de Toronto. Après avoir quitté Crow Lake sans un regard en arrière, la perspective de revoir son frère et le village de son enfance la bouleverse. Devenue une étrangère parmi les siens, elle devra affronter les conséquences des choix douloureux faits vingt ans plus tôt...
Premier roman de l'auteur, placé en tête des listes de best-sellers américaines et canadiennes et déjà traduit dans treize langues. J'ai lu ce livre en Anglais avec un immense plaisir - BB
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En vous souhaitant à tous de très bonnes vacances, voici deux livres pour cet été : 
  • Une vie bouleversée, d'Etty Hillesum - une suggestion de Brigitte : Un best seller extra-ordinaire !   
  • Un monde sans fin, de Ken Follet - une suggestion de Véronique : Plus de mille pages qu'on lit facilementil se passe quelque chose à chaque chapitre et en plus, on prend des leçons d'économie...



dimanche 6 mai 2012

Les oubliés du Cercle de Lecture

Nous nous étions mis au défit de lire enfin ces livres trop longtemps oubliés sur nos étagères. La liste s'est révélée des plus hétéroclites et la soirée particulièrement distrayante...
    
Les affinités électives, de Johann Wolfgang von Goethe
Editions Gallimard
Roman social offrant une peinture critique de l'aristocratie terrienne à l'aube du XIXe siècle, Les Affinités électives est en même temps un roman d'amour, décrivant avec un détachement scientifique les mystérieux phénomènes d'attirance et de répulsion qui se jouent entre les êtres comme dans la nature, mais aussi, et surtout, une oeuvre tragique et mélancolique, une histoire de passion et de mort, qui s'achemine vers un désastre programmé. Le détachement ironique du narrateur, les ambiguïtés du récit, la subtilité de la construction font de ce livre un des premiers grands romans modernes.
Je n'avais jamais lu cet auteur. La lecture en est très agréable. Le livre fit scandale en son temps : adultères, divorces, remariages, théorie scientifique appliquée aux sentiments. MCH

Mort à crédit, de Louis-Ferdinand Céline
Editions Gallimard 
Ferdinand, se rappelle ses jeunes années, dans un milieu petit bourgeois, vers 1900. Il est fils unique, élevé dans un passage parisien entre une grand-mère éducatrice fine et intuitive, une mère sacrificielle propriétaire d'un petit magasin de dentelles et objets de curiosité et un père violent et acariâtre, employé dans une compagnie d'assurances. Il grandit maladroitement, sans cesse victime des reproches amers de ses parents, multiplie les apprentissages et les échecs sentimentaux et professionnels, séjourne dans un collège anglais avant de voir son destin basculer avec la rencontre d'un inventeur loufoque, Léonard de Vinci de la fumisterie scientifique, pour vivre des aventures toujours tragi-comiques...
Il me fallait peut-être attendre d'avoir plus de maturité, d'expérience, de références littéraires, pour dépasser les préjugés et apprécier un style littéraire original et fort. Un langage très scatologique, que l'on parvient à dépasser en lâchant prise. CP

Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline
Editions Gallimard(Prix Renaudot en 1932)
Roman picaresque, roman d'initiation. À la suite d'un défilé militaire, Ferdinand s'engage dans un régiment. Plongé dans la Grande Guerre, il fait l'expérience de l'horreur et rencontre Robinson, qu'il retrouvera tout au long de ses aventures. Blessé, rapatrié, il vit le conflit depuis l'arrière, partagé entre les conquêtes féminines et les crises de folie. Réformé, il s'embarque pour l'Afrique, travaille dans une compagnie coloniale. Malade, il gagne les États-Unis, rencontre Molly, prostituée au grand cœur à Detroit tandis qu'il est ouvrier à la chaîne. De retour en France, médecin, installé dans un dispensaire de banlieue, il est confronté au tout-venant sordide de la misère, en même temps qu'il rencontre ici et là des êtres sublimes de générosité, de délicatesse infinie, "une gaieté pour l'univers"...
Epopée antimilitariste, anticolonialiste et anticapitaliste, somme de toutes les expériences de l'auteur.
Un texte essentiel de la littérature du XXe siècle, saisissant par le style qui fait littéralement éclater la syntaxe. BF 

Manuel de contrepet, de Joël Martin
Editions Albin Michel
Au début cela démarre gentiment avec des contrepèteries telles qu'on les connaît tous, classées par chapitre et sous-catégories : la vie publique est ainsi déclinée en politique, justice et finance. A la fin, cela devient du délire, avec un 'Précis de Pataphysique du Solide' (méthode cristallographique pour composer des contrepèteries) et des graphiques en 3D qui prennent toute la largeur de la page... Sachant qu'il n'y a pas de droits d'auteur sur les contrepèteries, voilà une ressource inépuisable.
En souvenir de mon grand-père qui m'a donné le goût de jouer avec les mots. Un livre absolument pas recommandable...VD

La Colère, de Thich Naht Hanh
Editions Pocket
                                                    






Mon père sera de retour pour les vendanges, de Olivier Larizza
Editions Pocket
1er août 1914, Charles et le frère de sa femme sont envoyés au front. En arrière, en Bretagne, son jeune fils attend son retour. L'enfant et sa mère font tout ce qu'ils peuvent pour surmonter leur angoisse et passer le temps, mais au front, les événements se précipitent et bientôt un terrible mystère risque de se faire jour. Le garçon lit en cachette des lettres de son père qui lui dévoilent le quotidien du Poilu, l'horreur de la guerre, mais aussi le sel de la vie et le secret du bonheur. 
 J'avais calé une première fois et abandonné la lecture de ce livre. Je l'ai terminé et reste sur ma première impression : un style lourd, des invraisemblances, des personnages peu crédibles. VB

L'insomnies des étoiles, de Marc Dugain
Editions Gallimard
Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l'Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage, et le corps calciné d'un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l'avis de sa hiérarchie, le capitaine va s'acharner à connaître la vérité sur cette affaire, car il pressent un secret capital. Un livre sur l'eugénisme et les techniques de la solution finale appliquées par les nazis sur leur propre peuple.
Ce n'est pas le meilleur de cet auteur, l'intrigue est un peu lâche, mais cela reste un bon roman. VB

Le voyage des oiseaux, de Farîd al-Dîn Attâr
Editions Alternatives
L'auteur, né en Perse vers 1140, est l’un des plus grands poètes mystiques d’inspiration soufi.
Tous les oiseaux connus et inconnus se réunissent un jour pour constater qu'il leur manque un roi. Exhortés par la huppe - messagère d'amour dans le Coran - ils décident de partir à la recherche de l'oiseau-roi Simorg, symbole de Dieu dans la tradition mystique persane. Après un voyage plein de dangers et après avoir parcouru les vallées du désir, de la connaissance, de l'amour, de l'unité, de l'extase..., les trente survivants connaissent l'ultime révélation : le Simorg est leur propre essence, jusqu'alors enfouie au plus profond d'eux-mêmes.
Ce célèbre récit initiatique demeure à jamais l'un des joyaux de la spiritualité musulmane.
Ce livre est un cadeau qui m'attendait. Le poème est une approche intuitive de la sagesse et de la vérité. Le texte et les calligraphies qui l'accompagnent sont un émerveillement. NM


J'irai cracher sur vos tombes, de Boris Vian
Editions 10-18
Publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, le roman, écrit en deux semaines, est un pastiche de roman noir. Jugé immoral et pornographique, il est interdit en 1949 et son auteur condamné pour outrage aux bonnes moeurs, ce qui aura sans doute contribué à le rendre mythique...
Qui est véritablement Lee Andersen ? Pourquoi est-il venu se perdre dans ce trou et que cherche-t-il au juste ? Et qui est ce « gosse » dont la mort le hante entre deux saouleries au gin et ses coucheries avec les bobby-soxers du coin ? Le roman nous dévoile progressivement l’intimité de cet homme blessé et animé d’un sauvage esprit de vengeance - vengeance qu’il prépare méticuleusement, insidieusement, et qui n’explosera que dans un final sanglant.
 
Un Polar dérangeant, malsain, nauséabond à souhait, mais qui s'apparente vraiment plus au scénario de film qu'au roman. Je ne suis pas fana. GA

Le Dit de Tianyi,de François Cheng
Editions Le livre de poche
A travers la vie du peintre Tianyi, trente ans d'Histoire de la Chine sont évoqués, ainsi qu'une belle histoire d'amour et d'amitié. Le peintre a connu les bouleversements de la société chinoise dans les années trente et quarante. Puis il obtient une bourse pour étudier à Paris, où il découvre une conception radicalement différente de l'art et de la vie. Il repart en Chine pour tenter d'y retrouver les deux êtres à qui il tient le plus : Haolang son ami et Yumei son amante. L'époque ne sera guère favorable et Tianyi est entraîné dans des drames de l'Histoire qu'il ne peut maîtriser...
Outre l'aventure romanesque captivante et tragique, le roman offre une excellente approche de la civilisation chinoise, confrontée au regard d'un occidental. Il a obtenu le prix Femina en 1998. François Cheng, un éminent spécialiste de la poésie et surtout de la peinture chinoise a été élu membre de l'Académie française le 30 juin 2002. 
Superbe ! GA

Candide, de Voltaire
Editions J'ai lu
Candide est un jeune homme naïf qui a grandi dans le château du baron de Thunder-ten-tronckh situé en Vestphalie. Élève du philosophe Pangloss qui l'éduque selon les préceptes du rationalisme spiritualiste et optimiste de Leibniz, le jeune homme croit fermement qu'il vit dans le meilleur des mondes possibles à l'image du château que tout le monde considère comme « le plus beau des châteaux », jusqu'au jour où le baron l'ayant surpris en pleine étreinte avec sa fille Cunégonde, décide de le chasser, le livrant ainsi en pâture aux violences d'une société impitoyable. Dès lors la philosophie de Pangloss va perdre peu à peu son crédit aux yeux du jeune héros...
Je n'étais pas préparée au style burlesque de ce conte philosophique, et j'ai modérément accroché. L'ouvrage se prête mal à la simple lecture. HL

Godin, inventeur de l'économie sociale : Mutualiser, coopérer, s'associer, de Jean-François Draperi
Editions Repas
Fondé par Jean-Baptiste André Godin (1817-1888), le Familistère de Guise (1870-1968) apparaît aujourd'hui comme l'un des modèles les plus aboutis d'une alternative à l'entreprise capitaliste. A travers cette formidable aventure, Godin prouve qu'il est possible de permettre à chacun de bien vivre, dans un habitat confortable et par un travail digne, où il est respecté, sans passer par la violence et sans appauvrir quiconque. Avec cette coopérative d'habitat, de production et de consommation, et cet ensemble de mutuelles et d'associations qu'est le Familistère, il rompt avec le père de l'organisation scientifique du travail, F. W. Taylor, et avec la critique du capitalisme formulée par K. Marx. Godin est l'un des fondateurs de l'économie sociale, et sans doute le plus moderne d'entre eux.
On ne manquera pas de saluer cet homme qui a inscrit l'utopie dans l'Histoire, grâce à ses actes. HL

Nous nous retrouverons le 1er juin prochain, avec pour thème :
"Un auteur d'un continent, où l'on n'a jamais mis les pieds..."